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La faune

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Considérations générales

- 52 espèces de mammifères (hors petits rongeurs et chiroptères) ont été enregistrées
dont l’éléphant (Loxodonta africana), le buffle (Syncerus caffer nanus), le cob de buffon
(Kobus kob), le cob defassa (Kobus ellipsiprymnus defassa), le cob redunca (Redunca redunca), le damalisque (Damaliscus lunatus korrigum), la bubale (Alcephalus buselaphus), la girafe, l’hippopotame, l’hippotrague (Hippotragus equinus), le lion, le guépard et une diversité de singes (cynocéphale, patas, singe vert...). Aucune espèce endémique n’est présente dans le Parc W. Les espèces menacées au niveau international (Liste rouge de l’UICN) sont le guépard, le lycaon, l’éléphant et le lamantin.
Le lamantin se trouve en faible nombre. Les espèces rares, mais non en voie de
disparition, présentes dans le Parc W, sont le damalisque, la loutre à joues blanches, le lion, le léopard, le cob defassa, le redunca, le chacal doré. Le zorille commun (Ictonyx striatus) semble être présent mais aucune donnée n’existe pour préciser son statut.

- Quelques 360 espèces d’oiseaux d’origine africaine ou paléo-arctique, parmi lesquelles l’Aigle pêcheur, l’Aigle bateleur, l’Oie de Gambie, le Héron cendré, la Grande outarde d’Afrique, la Cigogne serpentaire, le Grand calao d’Abyssinie, la Grue couronnée, le Vautour huppé, les martins pêcheurs, etc.

- 150 espèces de reptiles et amphibiens tels que le crocodile, le python de Sebha, la
Vipère hurlante, le Naja, le Varan du Nil, la Tortue de rocher, les tortues aquatiques, etc.

- Plus de 100 espèces de poissons, dont certains n’existent plus aujourd’hui que dans les aires protégées : Synodontis, Tilapia, Hydracon, Lates, Labeo, Bagrus, Slestes, Hetrotis, etc.

- un nombre non déterminé d’invertébrés, d’insectes, d’arachnides

Presque toutes les espèces de grands mammifères de la savane de l’Afrique soudanienne semblent encore se trouver dans le parc mais leur densité est encore assez faible en raison d’une longue histoire de pression anthropique (braconnage, pâturage et transhumance illégaux). Le parc W Niger est probablement le mieux surveillé et donc aussi le plus riche en faune. Les zones du parc où l’habitat est favorable aux grands mammifères et malheureusement aussi au braconnage se situent dans les vallées de la Mékrou dans le sud-ouest, le sud (chutes de koudou en passant par les ruines de Baraboum sur la Pako jusqu’à la Djona sur l’Alibori) et à l’Est du Parc (rapides de Barou).
Les connaissances sur la faune du complexe W sont encore limitées, cependant de
nombreuses recherches en cours vont permettre de les améliorer.

Mammifères : Situation de la faune sauvage (grands mammifères)

Sur l’ensemble du complexe écologique, les populations de grands mammifères et
spécialement les ongulés semblent être limitées, outre la pression du braconnage, par la disponibilité en eau libre. En effet, il semble y avoir très peu de points d’eau permanents dans le Parc W en dehors des deux rivières (Mékrou et Pendjari). Les animaux sont relativement peu nombreux et la probabilité de rencontrer un animal lors d’un déplacement en voiture ou à pied dans le complexe est encore faible. Pour exemple, lors d’un transect à pied effectué sur 300 km, par des chercheurs, le nombre d’individus rencontrés a été de 62 (11 espèces).

Par contre, en saison sèche, après les feux précoces, qui permettent momentanément aux ongulés de mieux se répartir sur l’ensemble du complexe et en particulier dans le Parc W, les animaux (dépendant de l’eau libre) se rassemblent autour des rivières. Il existe alors un gradient de densité, et donc de probabilité de rencontre, qui augmente lorsqu’on se rapproche des cours d’eau.

La zone Girafe : Le plateau de Kouré et la vallée du Dallol Bosso

Les girafes du Niger sont considérées comme les dernières représentantes de la sous-espèce peralta d’Afrique de l’Ouest. Ce sont des animaux inoffensifs cohabitant sans problèmes majeurs avec les hommes et le bétail domestique. Elles auraient un rôle dans la régénération de la brousse tigrée, la dissémination et la levée de la dormance de certaines graines, l’activation de la biomasse arborée et la restitution au sol de la matière organique. Le nombre de girafes s’est considérablement accru au cours de ces dernières années. En septembre 1996, démarrage du PURNKO, la population se composait de 49 individus (2 jeunes ; 8 subadultes ; 39 adultes ; dont 26 femelles et 23 mâles). En janvier 1998, 62 individus ont été identifiés, et en mai 1999, la population se composait de 79 individus (19 jeunes ; 17 subadultes ; 43 adultes ; dont 41 femelles et 38 mâles). En 2003, la population comptait près de 176 individus.

La majorité des girafes se concentrent dans une zone dite « centrale », entre les plateaux de Kouré, qu’elles occupent durant la saison des pluies de juin à septembre, et la région de Harikanassou, dans le Dallol Bosso Nord, où elles se dispersent durant toute la saison sèche (d’octobre à mai)

En plus de cette zone centrale, certaines girafes investissent des régions dites
périphériques : Fandou, dans la partie nord du Dallol Bosso ; Gaya, à 225 km au Sud de Niamey. De plus, certains individus parcourent une région comprise entre Nonnia, au Mali, et Sansanne Haoussa, au Niger, à 50 km au Nord de Niamey. Pour se rendre dans ces zones périphériques, et pour couvrir la distance entre leur zone d’habitat au Mali et celle du Niger, les girafes effectuent les plus grands déplacements jamais identifiés pour ces animaux : 80 km vers Fandou, 160 km vers Gaya, etc.

Dans toute leur zone de répartition, les girafes évoluent au contact étroit de l’homme et des animaux domestiques. Cette situation est tout à fait exceptionnelle par rapport aux autres girafes du continent africain, lesquelles se regroupent dans des réserves ou des parcs nationaux, c’est-à-dire dans des zones protégées.
Les relations entre les girafes et les populations humaines sont des plus pacifiques, malgré quelques dégâts occasionnés sur le niébé au mois d’octobre, ou sur les manguiers au mois de mai. Des enquêtes réalisées dans les villages montrent pourtant que, sur ces deux points, la situation ne semble guère avoir évolué par rapport à celle de 1996-1998. Les girafes sont très familières, s’approchent très près des villages, mais ne sont pas considérées comme gênantes par les paysans. Les dégâts sont ponctuels, se produisant à des moments précis, dans des lieux précis, sur des plantes précises : mangues non protégées dans le Dallol au mois de mai, niébé en zone intermédiaire et dans le Dallol en octobre et novembre.

Dans la très grande majorité des cas, il s’agit du niébé récolté et entreposé en tas dans les champs ou dans les arbres. Néanmoins, en zone intermédiaire, il arrive que certaines girafes consomment le niébé encore sur pied lors de leur migration vers le Dallol au mois d’octobre (cette situation avait d’ailleurs été observée en 1998). Des cas similaires de dégâts sur les feuilles de manioc ont également été rapportés dans le Dallol. Par rapport à ces dégâts, un agacement, évidemment bien compréhensible, plutôt qu’une "hostilité" manifeste, a pu être notée chez les paysans concernés qui n’ont d’ailleurs jamais saisi le Service d’Arrondissement de l’Environnement de Kollo à ce sujet. Dans tous les cas, il s’agirait de cas isolés aisément contrôlables (de l’avis même des agriculteurs) par de simples clôtures. Les girafes sont également en contact permanent avec les animaux domestiques, avec lesquels elles cohabitent sur les mêmes espaces. Aucun conflit n’a jamais été signalé, d’autant que le bétail se nourrit sur des strates différentes de celles utilisées par les girafes. Ainsi, la quiétude dont ces animaux ont pu jouir, les potentialités alimentaires du Fakara et des vallées, les actions de sensibilisation, de surveillance et les avantages tirés par les populations du tourisme de vision sont probablement à l’origine de la conservation de la girafe au Niger dans la zone de Kouré et du Dallol Bosso Nord.
Néanmoins, il existe de nombreux autres facteurs pouvant avoir une influence favorable ou défavorable sur le maintien durable de l’espèce dans la zone des plateaux de Kouré et des vallées du Dallol. On citera entre autres la coupe de bois de chauffage pour Niamey qui peut mettre en péril le maintien du couvert végétal pour la girafe. Les autres ressources fauniques rencontrées dans la brousse tigrée, les parcs agroforestiers et les zones humides du Dallol ont fait l’objet de peu d’investigations. Il n’existe aucune espèce appartenant à la grande faune africaine dans cette zone, en dehors de la girafe.
Seuls sont signalés, des chacals, des lièvres, des pintades, des écureuils et de nombreux oiseaux d’eau que les inondations de 96-98 ont attirés. La présence de ces oiseaux a amené le PURNKO II a formé les guides touristiques en ornithologie afin d’offrir aux touristes d’autres produits que la girafe.

Oiseaux

Grâce à sa vaste étendue, à son gradient climatique, sahélo-soudanien au nord et plus soudanien au sud, et à ses milieux relativement diversifiés, Le parc régional W abrite une avifaune très variée : 370 espèces ont été recensées à ce jour et d’autres sont encore à découvrir. L’avifaune est abondante mais ses populations fluctuent tout au long de l’année.
En effet, à côté des quelques espèces sédentaires, on trouve de nombreuses espèces migratrices aux statuts variés :
- oiseau nicheurs en Europe et Asie qui hivernent ou font des haltes migratoires dans le parc
- migrateurs intra africains qui nichent dans le parc en saison sèche et remontent vers le nord avec les pluies ou inversement, quittent le parc en saison des pluies pour nicher plus au nord.

En outre, plusieurs espèces comportent certainement des populations qui ont des stratégies de migration différentes : nicheuses au Sahel et visiteuses de saison sèche sur le W ou encore nicheuses plus au sud et ou sédentaires ou erratiques ensuite dans le Parc, etc. On observe ainsi des variations d’effectifs parfois difficiles à interpréter et des différences prévisibles d’une année à l’autre en fonction des pluies.
Les bas-fonds humides bien boisés et les forêts galeries le long des cours d’eau sont
particulièrement riches en oiseaux. Les oiseaux sont aussi très nombreux le long du fleuve Niger et aux abords des mares (concentrations et déplacements locaux en fonction des niveaux d’eau).
Malgré cette grande richesse, l’avifaune du parc est encore mal connue. Le rôle protecteur du parc vis-à-vis de l’avifaune est difficile à évaluer. Les oiseaux ayant des exigences écologiques très variées, ce rôle protecteur est certainement important mais variable selon les espèces. Une meilleure connaissance de celles-ci serait utile pour une gestion à long terme optimisée. La prise en compte de l’avifaune dans le cadre de la conservation de la faune et de sa valorisation demande encore des études plus poussées.

Reptiles

La composante reptile de la faune du PRW n’a pas été étudiée en détail. On trouvera
toutefois en annexe une liste des espèces déjà recensées parmi lequelles deux tortues terrestre : la tortue à éperons Geochelone sulcata et la tortue à dos articulé des savanes Kinixys belliana nogueyi. La première espèce est la plus grosse des tortues continentales vivant à l’heure actuelle, avec une longueur de carapace (CL) pouvant atteindre 830 mm pour une masse corporelle de 105 kg. Cette tortue vit dans le Sahel, du sud de la Mauritanie au nord du Sénégal, jusqu’au nord de l’Éthiopie. Elle atteint sa limite sud de distribution dans le Parc National du W, où le climat est plus humide que dans le reste de son aire de distribution.. La tortue à dos articulé des savanes dont la distribution s’étend de l’est du Sénégal au nord du Cameroun est beaucoup plus petite que G. sulcata car elle ne dépasse pas 217 mm pour une masse corporelle maximum d’environ 2,200 kg. L’écologie de ces deux espèces est peu connue mais il est fort probable que la population de G. sulcata du PRW est vraisemblablement la plus importante au monde pour cette espèce (les autres étant
celles du Parc National de Diawling en Mauritanie, de la RCA, et du Soudan). La
conservation de cette espèce dans le parc National du W devrait dés lors être considérée comme une priorité.

Le Fleuve Niger

La présence du très rare lamantin d’Afrique, au sein de la faune aquatique du parc a retenu l’attention des responsables nationaux et régionaux.
A plusieurs reprises les riverains et d’autres personnes ressources rencontrées ont insisté sur le fait que les lamantins sont présents en plusieurs parties du Fleuve du Niger. Leurs mouvements saisonniers, la turbidité des eaux et leur extrême timidité font que l’observation est très rare. Cependant, les Sorko rencontrés indiquent qu’on peut les observer en période d’accouplement en saison des pluies. La période la plus propice paraît se situer au début de cette saison en mai, qui correspond à la décrue et à la plus forte concentration des individus aux endroits où l’eau est encore profonde.
Les lieux indiqués pour observer les lamantins sont les suivants : Firgoun, Sawani, Bac Farié/Gothèye, un site en proximité de Gamkallé, l’embouchure de la Tapoa, Gambou, l’embouchure du Mékrou, Albarkaïzé. Ces lieux correspondent aux endroits des eaux profondes.
Au total, 17 lamantins auraient été observés dans 12 villages, fin 2002. En 2003, deux
lamantins ont été capturés et photographiés vivants grâce au réseau d’observateurs mis en place. En raison des risques de traumatisme des individus manipulés par des personnes non formées, il n’est actuellement plus demandé de capturer les lamantins mais seulement de signaler les observations.
Le reste de la faune aquatique a été très peu inventoriée en dehors des nombreuses études sur le fleuve Niger.


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